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Comptabilité-Fiscalité

Facture non parvenue : comment la comptabiliser à la clôture

Des documents de fournisseur et un bon de livraison examinés sur un bureau de petite entreprise.

À la clôture comptable, certaines dépenses concernent l’exercice qui s’achève alors que la facture du fournisseur n’est pas encore arrivée. Une prestation peut être terminée, une livraison effectuée ou une consommation déjà réalisée, sans que le document soit disponible au moment de préparer les comptes. Ne pas en tenir compte peut fausser le résultat et donner une image incomplète des dettes de l’entreprise. La facture non parvenue, souvent désignée par le sigle FNP, sert à rattacher la charge au bon exercice. Son traitement demande toutefois de distinguer la réalité de la dépense de la réception ultérieure de sa facture.

Une FNP correspond à une charge engagée au cours de l’exercice, dont le montant peut être estimé de façon suffisamment fiable, mais pour laquelle l’entreprise n’a pas reçu la facture à la date de clôture. Il peut s’agir, par exemple, de travaux réalisés par un prestataire en décembre et facturés en janvier, d’une facture d’énergie couvrant une période qui se termine avant la clôture ou d’une livraison déjà réceptionnée. Le critère important est la période à laquelle se rapporte la dépense, et non la date à laquelle la facture est émise ou payée. À l’inverse, une facture payée d’avance pour un service qui concerne l’exercice suivant relève d’une charge constatée d’avance : le raisonnement est opposé.

Pour repérer les FNP, la TPE peut examiner les factures reçues après la clôture, les bons de livraison, les contrats, les relevés d’intervention et les échanges avec ses fournisseurs. Le plan de trésorerie et le suivi des échéances aident à identifier les dépenses régulières, mais ils ne remplacent pas les pièces qui justifient l’écriture comptable. Pour chaque dépense pressentie, il est utile de vérifier que le bien a été livré ou que la prestation a réellement été effectuée avant la date de clôture. Une commande non exécutée ne suffit pas, à elle seule, à constater une charge. En cas de doute sur la période concernée ou sur le montant, l’entreprise peut demander une confirmation au fournisseur.

La comptabilisation consiste généralement à enregistrer la charge dans l’exercice auquel elle se rattache et la dette correspondante envers le fournisseur. Le montant est estimé à partir des éléments disponibles, comme un devis accepté, un contrat ou le prix habituellement facturé pour une prestation comparable. Dans le plan comptable, le compte 4081 est couramment utilisé pour les fournisseurs – factures non parvenues, en contrepartie du compte de charge concerné. L’écriture est une estimation à documenter : elle doit être cohérente avec les éléments disponibles et ajustée si la facture reçue ensuite révèle un écart. Le traitement de la TVA obéit à des règles distinctes de celui de la charge ; son éventuelle déduction dépend notamment de la nature de l’opération et des justificatifs requis. Il est donc préférable de vérifier ce point avec le cabinet comptable, plutôt que de déduire automatiquement la TVA estimée.

Lorsque la facture arrive au cours de l’exercice suivant, l’entreprise doit éviter de compter deux fois la même dépense. L’écriture de FNP est généralement extournée au début du nouvel exercice, puis la facture est enregistrée selon le circuit habituel. Une autre organisation peut être retenue avec le cabinet, à condition que le traitement soit cohérent et que la charge ne soit pas enregistrée en double. Si le montant réel diffère de l’estimation, l’écart est pris en compte lors de l’enregistrement de la facture. Conserver le calcul de l’estimation et les justificatifs associés facilite le contrôle de la clôture comptable et permet de comprendre l’écriture plusieurs mois plus tard.

Un suivi régulier des factures attendues limite les oublis et rend la clôture plus fiable. Un tableau indiquant le fournisseur, la période concernée, la nature de la dépense, le montant estimé et la date de réception de la facture peut suffire pour une petite structure. Ce repère aide aussi à rapprocher l’estimation de la facture définitive et à actualiser les comptes. En préparant ces éléments avant la déclaration et la finalisation des comptes, vous rattachez les charges au bon exercice sans confondre leur comptabilisation, leur paiement et leur traitement de TVA. En cas de situation inhabituelle, le professionnel comptable peut confirmer l’écriture adaptée.