De belles adresses. De nouvelles perspectives.LE WEB MÉRITE D’ÊTRE EXPLORÉ
Comptabilité-Fiscalité

Retard de paiement entre professionnels : pénalités et suivi en TPE

Des factures et un registre de trésorerie consultés sur le bureau d’une petite entreprise.

Pour une petite entreprise, une facture réglée après son échéance ne représente pas seulement un encaissement tardif : elle peut décaler le règlement d’une facture fournisseur, fragiliser le solde de trésorerie ou compliquer le paiement d’une échéance fiscale. Les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de recouvrement encadrent les retards de paiement entre professionnels. Pour les appliquer correctement, il faut connaître les règles, mais aussi disposer d’un suivi fiable des factures et des règlements.

Le point de départ est la date d’échéance indiquée sur la facture. Les délais de paiement entre entreprises sont plafonnés par la loi, sous réserve de règles particulières selon le secteur et le type de transaction. À défaut de délai convenu, le paiement intervient en principe dans les 30 jours suivant la réception des biens ou l’exécution de la prestation. Les parties peuvent fixer un délai différent dans les limites prévues par la réglementation. Il est donc utile de vérifier la facture, les conditions générales de vente et les éventuelles clauses négociées avant de constater un retard.

Lorsque le client professionnel ne règle pas à l’échéance, des pénalités de retard sont dues dès le lendemain, sans qu’une relance préalable soit nécessaire. Leur taux doit être indiqué dans les conditions générales de vente et sur la facture. Les parties peuvent convenir d’un taux, qui ne peut pas être inférieur au minimum légal, fixé à trois fois le taux de l’intérêt légal. Si aucun taux n’est prévu, le taux de référence applicable est celui de la Banque centrale européenne majoré de dix points. Comme cette référence évolue, l’entreprise doit vérifier le taux à utiliser pour la période concernée plutôt que reprendre automatiquement celui d’une ancienne facture.

Le calcul porte sur le montant TTC restant dû et sur la durée du retard. Par exemple, si un client règle une partie de la facture, les pénalités concernent le solde impayé, à compter du lendemain de l’échéance jusqu’au paiement. Une entreprise peut établir le calcul au moment du règlement ou lors de ses démarches de recouvrement. Dans tous les cas, il est préférable de conserver les éléments qui le justifient : facture, échéance prévue, date et montant des paiements reçus, ainsi que le taux appliqué. Ces informations facilitent les échanges avec le client et le suivi comptable.

À ces pénalités s’ajoute, pour les transactions entre professionnels, une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement. Elle est due pour chaque facture payée en retard et doit être mentionnée dans les conditions générales de vente et sur la facture. Si les frais de recouvrement réellement engagés dépassent ce montant, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur présentation de justificatifs. Cette indemnité ne remplace pas les pénalités de retard. Le dispositif concerne les relations entre professionnels et ne s’applique pas de la même manière aux ventes à des particuliers.

Dans la pratique, le suivi commence avant même le retard : une facture complète, une échéance clairement indiquée et un calendrier des encaissements réduisent les malentendus. Après l’échéance, une relance datée permet de vérifier si le paiement est en cours ou si un litige bloque le règlement. L’entreprise peut alors distinguer un simple décalage d’un désaccord sur la prestation, et ajuster son plan de trésorerie en conséquence. Les pénalités ne doivent pas être confondues avec une rentrée d’argent certaine : leur application ne garantit ni un paiement rapide ni le recouvrement de la créance. Un suivi régulier des factures échues aide plutôt à repérer les difficultés assez tôt et à préserver une vision réaliste du solde de trésorerie.